• Avis sur le jeu The Nomad Soul

    “J’ai beaucoup de choses à vous dire et très peu de temps… Je viens d’un univers parallèle au votre. Mon monde a absolument besoin de votre aide. Vous seul pouvez nous sauver…”. C’est par ces mots que débute l’aventure Omikron – The Nomad Soul, première pierre de l’édifice Quantic Dream. Cet évènement dans le monde vidéoludique survenu en 1999 se veut novateur en intégrant l’âme du jeu vidéo conventionnel dans une aventure hors du commun. En effet, le titre se vante de proposer une liberté complète d’action et d’exploration dans une ville futuriste entièrement modélisée en 3D temps réel. De plus, le jeu se base sur le concept de « réincarnation virtuelle », moyen de vivre l’aventure à travers les yeux de très nombreux personnages de la cité d’Omikron.

    Avant toute réincarnation, l’aventure débute par une première incarnation. « Kay’l » le protagoniste de l’aventure vous propose en effet de partir sauver son monde en prenant son corps et en laissant le votre devant votre écran. Là se trouve l’idée originale du jeu, vivre vraiment l’aventure, être soi dans le corps d’un autre, un corps virtuel. Il faut donc parler avec les différents intervenants sans évoquer votre identité de joueur parce que vous n’êtes que Kay’l, un habitant d’Omikron et vous devrez donc paraître naturel aux yeux des amis de votre hôte tout comme au sein du commissariat dans lequel il travaille. C’est ainsi qu’à chaque début et fin de partie, pour toujours plus d’implication, le jeune homme vous demandera si vous êtes sûr de vouloir lui rendre son corps, vous priant de revenir rapidement car votre soutien est indispensable pour sauver le monde. Le jeu affiche un monde riche et vivant, avec de nombreux personnages et beaucoup de lieux à visiter. Mais la force réside dans un certain réalisme, comme dans GTA, vous évoluez librement, vous pouvez vous déplacer à pied ou par l’intermédiaire des Sliders, les taxis locaux. De même, certains endroits sont accessibles mais certaines portes vous seront fermées et vous n’aurez donc pas toujours accès à certains objets ou même à des évènements. C’est là que vous devrez employer ce système de réincarnation.

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    No one dies forever

    Elément quelque peu unique, la mort n’est pas une fin dans the Nomad Soul, c’est même un moyen de vivre le jeu plus en profondeur. En effet, à la mort de votre corps, rien n’est fini, loin de là car les villes grouillent de monde et un petit curieux qui traînait dans le coin prend le risque de vous voir prendre possession de lui. Mais cette personne a une identité, un emploi, un domicile et vous aurez donc accès à son appartement et ses différents univers. En contrepartie tous les accès de Kay’l vous seront fermés, la sécurité des bureaux de police vous renverra manu militari et les amis de votre contact dans ce monde ne verront plus en vous qu’un inconnu. C’est grâce à ce réalisme que le jeu a marqué, ce souci de bien montrer qu’il y a une vie en dehors de Kay’l, que le monde est vaste et surtout très vivant. Pour ajouter une touche de profondeur, le monde profite d’une culture et surtout musicale grâce à la participation de David Bowie à la bande son du jeu et surtout à sa présence sur Omikron. Incarné en leader des Dreamers, vous devrez observer les divers affichages pour assister aux différentes représentations du groupe avec des pistes originales écrites pour l’occasion par Bowie et Reeves Gabrels. Mais la présence de l’icône dans cet univers ne se limite pas à sa seule personne mais aussi à sa femme Iman. Vous aurez notamment l’occasion de vous emparer de son corps pour visiter un appartement grandiose mais aussi profiter de ses talents de combattante. Mais tout cela n’est qu’un petit aperçu de la base de cet univers qu’est Omikron, avec ses différents environnements, ses mythes et légendes avec notamment le héros Kushulain et encore bien d’autres choses.

    La rencontre des genres
    Si ce jeu se veut loin des conventions, par rapport aux softs qui existaient déjà, le titre n’oublie pas ce qu’est le jeu vidéo et prend même le parti de s’inspirer du reste de la production. A la fois une faible prise de risque mais aussi un petit coup de génie, The Nomad Soul offre l’originalité de mélanger les genres, au travers des différentes actions, les phases de jeu offrent un gameplay adapté tiré de divers types de jeux emblématiques. On se retrouve donc avec des phases armées à la première personne avec tous les codes récurrents des FPS et les divers duels se règlent dans le plus pur style des jeux de combat traditionnels. Bien sûr cela tranche beaucoup avec le déroulement à la troisième personne de la majeure partie de l’aventure mais l’idée de base est fort séduisante. Quoi de mieux pour aborder certaines phases que d’avoir le gameplay qui s’impose dans la plupart des jeux. Cependant, à vouloir trop en faire, Quantic Dream a pris le risque d’avoir un système bancal, insuffisant dans chaque domaine et de rendre une copie médiocre car injouable. Le résultat final est honorable mais il est vrai que l’on pouvait attendre un peu mieux de ce gameplay, finalement pas vraiment abouti. The Nomad Soul s’est démarqué par son univers mêlant conflits politiques et religieux, n’hésitant pas à franchir les frontières du monde de la magie. Ses 30 personnages jouables allant d’un agent-enquêteur à un héros mythique en passant par une infirmière, un mercenaire cyborg, une danseuse de peep-show lui donnent une richesse unique.

    The End…?
    Bien que le jeu nous gratifie d’un combat final assez relevé pour achever l’aventure, certains se souviendront d’une certaine nécessité d’avoir un stock massif d’anneaux magiques pour venir à bout du boss, ce n’est pas pour autant que les affaires sont terminées. En effet, même s’il n’est pas à l’ordre du jour chez Quantic Dream, le projet Omikron 2 qui avait été « abandonné » en 2001 devrait sans doute revoir le jour dans quelques temps pour, peut-être, encore repousser les limites du jeu vidéo.