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  • Analyse du moteur de suggestion de Flickr, suite

    Susciter l’intérêt, mais rester financièrement désintéressé

    Les divers outils interactifs de Flickr et la dimension ludique de son algorithme d’intérêt permettent d’obtenir de nombre de détenteurs de compte particulièrement « intéressants » ce gigantesque effort humain, sans contrepartie autre que sociale. Le principe social en vigueur sur Flickr via la notion d’intérêt peut paraître un jeu innocent, je le suppose en fait très addictif. Car contrairement à la plupart des blogs, où recueillir des commentaires et faire classer un de ses billets comme favori n’apporte en soi que peu de choses à la promotion dudit billet sur Internet, ces opérations s’avèrent très utiles à votre notoriété sur Flickr. Créer une motivation, voire faire une addiction de ces tâches que sont la fourniture d’images et leur indexation, là réside peut-être tout le « génie » de l’algorithme d’intérêt.

    Il semble aussi que de nombreux détenteurs de compte soient très joueurs dans l’âme, très réceptifs à la nouveauté sur Internet, ce qu’ont apparemment compris les créateurs de Flickr. L’expansion.com se fait ainsi l’écho du grand succès du système de géolocalisation d’images mis en place sur Flickr en août 2006 : « En 24 heures, 1,2 million de photos ont […] été géolocalisées, objectif que Flickr pensait atteindre, au mieux, en deux semaines ». Ce service de géolocalisation présente-t-il un véritable intérêt, autre que ludique, pour tous les détenteurs de comptes qui ont utilisé ce service ? Personnellement, je ne le crois pas, mais cela ne m’a pas empêché de tester ce service… La géolocalisation, une précision de plus, associée aux images, et permettant à Yahoo! d’être un peu plus compétitif par rapport à Google ?

    On peut se demander si la dimension ludique et sociale de Flickr (à la suite d'un Bruno Latour ), ainsi que les limites fonctionnelles qui ont été données à ce site, ne contribuent pas fortement à confiner les détenteurs de compte dans un amateurisme et dans une logique de générosité aujourd’hui surtout profitables à Yahoo!. Le site semble conçu de façon à (leur) faire oublier que leurs productions et leur travail d’étiquetage peuvent avoir une certaine valeur marchande. Les détenteurs de compte sont de vraies « petites mains » très productives et réactives, pourtant, pas question pour eux de tirer un quelconque bénéfice pécuniaire dans l’économie du site. Yahoo! a sans doute intérêt à ce que les détenteurs de compte restent le plus longtemps possible dans l’amateuro-ludique, tandis que l’entreprise se charge du volet professionnelo-lucratif…

     

  • Flickr et son algorithme d'attention

     

    Comment amène-t-on l’utilisateur de Flickr.com à prendre en compte l’algorithme d’intérêt (Interestingness) et pourquoi ?

    Pour commencer, rappelons le contexte : Google a racheté le logiciel de gestion d’images Picasa en juin 2004, et propose depuis le printemps 2006 un outil d’hébergement de photos en ligne, Picasa Albums Web. Le rachat par Yahoo! en mars 2005 de Ludicorp, créateur canadien de Flickr, est intervenu quelques mois seulement avant l’annonce le 1er août, sur le blog Flickr, de la mise en place de l’algorithme d’intérêt. Flickr indiquait alors que la création de cet algorithme avait pris beaucoup de temps (« A long time in the making »), ce qui laisse supposer que Yahoo! a acquis Ludicorp et Flickr en connaissant ce projet. Enfin, il est connu depuis quelques mois que Yahoo! tente maintenant de faire breveter le principe de cet algorithme.

    La guerre fait rage entre Google et Yahoo! autour de la gestion des images en ligne sur Internet. L’algorithme d’intérêt de Flickr-Yahoo!, assimilable au célèbre Page Rank de Google, sert aujourd’hui à faire le tri parmi plus de 250 millions d’images… dont les miennes. Que cache, si j’ose dire, l’intérêt que suscite cet algorithme d’intérêt ? Cherche-t-on à me manipuler, comme je le ressens confusément ? Voilà qui explique que je me penche sur ce sujet.

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    Omniprésence de l’interestingness

    Absente au départ de l’aventure Flickr, commencée en ligne en février 2004, la notion d’« intérêt » est aujourd’hui très présente sur le site (c’est là un autre élément qui a piqué ma curiosité). Pour en prendre la mesure, j’ai relevé quelques-unes de ses nombreuses traces aujourd’hui, sous différentes formes (NB : compte tenu du rythme des évolutions sur Flickr, cet inventaire risque d’être assez rapidement obsolète…):

    Sur la page d’accueil. Je parle ici de la page sur laquelle arrivent les nouveaux venus, ou les utilisateurs qui se sont « délogués » (la page d’accueil de l’inscrit identifié est différente). Il est déjà question de la notion d’intérêt sur cette page. Sous le lien textuel « Explorez Flickr », qui renvoie à la page d’accueil de la rubrique Explore, on peut lire (c’est moi qui souligne) : « Naviguez parmi les photos les plus intéressantes partagées depuis les sept derniers jours ». Des liens voisins renvoient eux à la page des images les plus « intéressantes » des derniers jours (Last 7 Days Interesting).

    Dans la rubrique Explore. L’internaute cliquant sur Explore Flickr est alors conduit vers la page d’accueil de la rubrique Explore, où de nombreuses façons de surfer et faire ses recherches dans Flickr lui sont proposées. Mais en premier lieu, l’internaute est invité à se pencher sur cette notion d’intérêt. Dès le haut de la page, un texte l’informe en Anglais que « les labos Flickr ont travaillé dur pour créer une façon de vous montrer quelques-unes des plus étonnantes photos sur Flickr. Nous aimons à l’appeler intérêt ». Le mot « intérêt » est ici un lien vers la page Interestingness, dont il a été question dans le billet précédent. L’intérêt, sur Flickr, consisterait à utiliser une combinaison mystérieuse d’informations pour sélectionner ou présenter des images selon un principe de popularité. C’est cette combinaison, cet algorithme, qui présiderait à l’entrée de certaines images dans le calendrier (Calendar) et sur la page présentant les images les plus « intéressantes » des derniers jours (Last 7 Days Interesting). Ces espaces font un peu penser à des « musées », contenant une sélection d’images. En dehors de ces espaces, sur de nombreuses pages accessibles entre autres par la rubrique Explore, les images peuvent être classées par l’internaute, au choix, selon un ordre chronologique ou un ordre d’« intérêt » . C’est le cas par exemple lorsqu’on fait une recherche par tags.

     

  • Avis sur le nouveau FIFA 18

    La série des FIFA a longtemps fait cavalier seul en tête des ventes dans les années 2010. Mais une ombre planait : les ISS de Konami. La petite communauté de gamers vouant foi a la saga de Konami s’est agrandie et les FIFA se retrouvent presque au second plan après la sortie de PES 17. Pour stopper la chute de sa saga, EA Sports a  revu sa copie et propose désormais un jeu de pure simulation de foot...

    FIFA 18 vs PES 18

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    Passer d’un jeu totalement arcade dont le gameplay n’a pas évolué depuis de longues années à une simulation n’est pas chose facile, pourtant EA sport s’y est attelé avec plus ou moins de réussite. Pour commencer, parlons des menus. Il est possible de faire un match amical, une saison complète, ainsi que de nombreuses coupes et tournois. Les désormais classiques entraînements et éditeur de joueur sont également présent. Il y a vraiment de quoi faire. Et le marché des transferts est chaque année un lieu d'enchères survitaminé où certains ont recours au farming pour aller plus vite : farming de credits fifa 18 sur Futsalecho en Belgique ou sur https://www.ejuegosdefutbol.com/12-monedas-fut-18-baratas en Espagne (monedas fut 18).

    Grâce à sa licence, on retrouve les vrais noms des joueurs. Plus de 350 équipes sont présentes et 14 championnats nationaux sont jouables. On voit même des photos des vrais maillots pour choisir si notre équipe jouera sous ses couleurs locales ou non. Bref, La licence a été exploitée à fond et c’est vraiment très plaisant. Sur ce point, PES 18 ne soutient pas la comparaison, loin de là.

    Graphismes FIFA 18


    Graphiquement, FIFA 18 est de très bonne facture, aussi bien que FIFA 17. Les joueurs sont très bien modélisés même si leurs corps sont moins réalistes que dans PES. Les divers stades sont magnifiquement recréés. En matière d’animation, EA Sports a beaucoup progressé. C’est simple, ça n’a plus rien à voir avec les épisodes précédents. Les animations sont variées, réalistes et représentent un des gros points forts du jeu. Malgré quelques saccades, on ne peut être que sous le charme. Pour ajouter à ce réalisme, l’ambiance sonore est excellente.

    Chaque club possède ses chants locaux, les bruitages sont bons et les commentaires, sont réalistes et pertinents. Un gros travail a été fourni de ce coté. Tous ces petits détails font que FIFA 18, au niveau de l’ambiance sonore et graphique, surclasse largement ses prédécesseurs mais pas encore les PES de Konami.

    Gameplay


    fifa-18-avis3.JPGBien entendu, la jouabilité a été complètement repensée. Le résultat est très bon. On est agréablement surpris de constater que les FIFA possèdent enfin une vrai physique de balle. Le ballon ne colle plus au pied, et on éprouve enfin une sensation de jouer au foot. Dans le même ordre d’idée, les tirs ne font plus des zigzags vers la lucarne et on ressent la puissance et le poids de la balle. Tout se dose désormais, que ce soit les passes, les tirs, etc… Et c’est la qu’il y a problème.

    Tout cela partait d’une bonne intention, mais sur le terrain, la sauce ne prend pas. Le jeu se résume parfois a des passes molles (même si l’on appuie fort sur la touche X) en milieu de terrain tout le temps intercepté. De plus, l’Intelligence Artificielle est  convaincante. Il y a des trous de 70 mètres entre les lignes, les défenseurs ne montent pas au pressing et patientent dans leurs zones. C’est assez rageant d’encaisser un but à cause d’un latéral qui dormait sur le bord de la touche. Le jeu est très haché et l’I.A omniprésente, cela ne baisse pas l’intérêt du jeu qui pourtant a de nombreux atouts à faire valoir.

     

    Verdict

    Au final, que penser de ce FIFA 18 ?

    EA a tenté de transformer son jeu en simulation, et ce changement se fait un peu dans la douleur. La réalisation et les différentes options sont très réussies, tout comme les animations et la physique de balle. L’action manque de fluidité, notamment à cause de passes trop molle. L’I.A des coéquipiers ne suit pas et on peine à construire son jeu. Cependant, comparé aux précédents épisodes, ce FIFA est bien meilleur et est une valeur sûre pour les fans de la série . Les autres s’orienteront vers PES 18, qui reste la vraie simulation de foot sur PS4. Néanmoins, attendons la version FIFA 19 qui pourrait créer la surprise si les défauts de cette version sont corrigés.